Lycée Français Jacques Prévert



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Une longue route délabrée s’étendait au loin....

mardi 20 juin 2017 par SECRETARIAT

Une longue route délabrée s’étendait au loin. Elle était entourée de tapis de feuilles mortes et recouverte de fissures. Les branches nues et tremblantes des quelques arbres qu’il y avait, affrontaient le vent glacial qui prenait place. L’herbe était jaunâtre, presque brune. Pour compléter ce décor horrifiant, une nuit sombre et sans clair de lune dominait le tout. Cet astre lumineux et dominant dont parlent les poètes n’est qu’une calomnie de plus essayant de rendre ce monde plus beau. Les couleurs vives étaient rares. La nuit, cette reine de la mégalomanie n’avait plus cédé sa place au jour depuis fort longtemps. Une jeune femme marchait sur cette route. Le regard vide et sans aucune once d’émotion, elle marchait d’un pas lent et avec un seul but précis : chasser ce vide qui hantait son être jour et nuit. Elle était habillée d’une longue robe de soie blanche et brillante. Elle avait de longs cheveux ondulés qui tombaient en cascade sur le dos.

Une telle beauté, si pure, n’avait pas lieu de se promener dans ce décor si cauchemardesque. De nombreuses rafales de vent se projetaient sur elle. Elle devait donc s’arrêter pour ensuite poursuivre cette marche éternelle plus effondrée qu’elle ne l’était déjà. Parfois, elle fermait ses paupières pour se laisser emporter par le monde du rêve qu’elle trouvait beaucoup plus agréable que celui de la réalité. Dans ce monde, elle pouvait voler parmi les oiseaux, dans ce monde, elle pouvait visiter tous les recoins de l’espace sans aucune limite. Elle pouvait traverser un trou noir, visiter vénus sans aucun danger et surtout observer autre chose que ce monde terne et ennuyant. Malheureusement, cette réalité ne lui laissait aucun répit en lui rappelant sa misérable existence. Quand est-ce que ce fameux marchand de sable viendrait la bercer et lui offrir un peu de son sable chaud et doré ?

La nuit dominante donnait parfois naissance à de jeunes étoiles brillantes. Cette jeune femme allait-elle bientôt devenir une d’entre elles ? Soudain, elle aperçut un oiseau. Ce dernier respirait une liberté et une joie encore inconnues à la jeune femme. Il était majestueux et magnifique. Il était gracieux et magique. Ses plumes blanches comme neige combattaient la noirceur et les ténèbres qui l’entouraient. La femme s’arrêta un moment pour observer ce volatile. Elle s’imagina alors être un oiseau volant vers de nouveaux horizons. Un oiseau partant vers une nébuleuse riche en couleurs ou sinon vers un nouvel univers où ce vide l’abandonnerait pour laisser place aux petits bonheurs de la vie, à un sentiment de plénitude qui lui donnerais enfin une raison de vivre !

Mais une fois encore, la réalité lui arracha ce moment magique. Elle eut l’impression que son cœur éclatait en mille morceaux, elle était parcourue d’une douleur horrible, atroce ! Tout ce qu’elle ressentait explosa en un flot d’émotions incontrôlable ! La jeune femme laissa couler des torrents de larmes et hurla sa douleur. Elle ne pouvait plus supporter cette marche qu’elle menait. Elle s’effondra par terre, désespérée et affaiblie. Quand est-ce que cette boite de pandore qui dominait sa vie allait arrêter de lui renverser ses malheurs ? Après un long moment qui lui sembla interminable, elle cessa de pleurer, il restait toutefois quelques larmes qui perlaient au bout de ces longs cils. Le ciel comprenant enfin sa douleur, pleura à son tour. La jeune femme s’allongea sur la route glaciale et posa son regard sur les étoiles qui l’observaient. Elle avait décidé d’arrêter définitivement sa marche. Elle sentit alors un sentiment de délivrance. La cage de la solitude et de la tristesse qui l’emprisonnait avait enfin cédé. Elle était libre, libre comme ce magnifique oiseau blanc. Elle esquissa un premier et dernier sourire avant que les feuilles mortes qui l’entouraient emportent son âme vers les cieux. C’est la première fois qu’elle se sentait aussi vivante, aussi heureuse. Certes elle était satisfaite, mais une nouvelle étoile avait rejoint la nuit.

DIALLO Djalica, classe de 4ème


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